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Le comité citoyen de St. PAUL de la Réunion

Camions bars et Mairie

SOCIÉTÉ

Les camions-bars trouvent porte close
La porte de l’hôtel de ville est restée close hier après-midi alors que des gérants de camion bar, menacés d’expulsion, espéraient avoir une audience avec le maire ou un de ses adjoints. Emmenés par Thierry Araye, ils annoncent leur intention de « débouler » lors d’un prochain conseil municipal.

[1er octobre 2006]
“Nous souhaitons que vous nous receviez à la mairie de Saint-Paul, le samedi 30 septembre à 16h”. C’est en substance le contenu de la lettre adressée au maire de Saint-Paul. Une façon de fixer unilatéralement la date et l’heure d’un rendez-vous qui n’a certainement pas dû plaire à Alain Bénard. D’autant plus que la lettre a été déposée la veille seulement. « Le refus de nos élus de dialoguer est incompréhensible », dénonce néanmoins Thierry Araye, « porte-parole » des camions-bars. « Ces personnes espéraient trouver ici, dans la maison du peuple la solution à leurs problèmes. Car, c’est l’endroit où l’on peut discuter. Au lieu de ça, la porte est fermée ». Les gérants de camions-bars présents attendaient ainsi une écoute de la part des élus à qui ils voulaient exposer leurs inquiétudes. C’est le cas de Nadine Arhiman.

Des questions sans réponses
Installée au niveau de la mairie annexe de Bois-de- Nèfles depuis quatre ans, la gérante du bar « Chez Piton » a reçu la visite des forces de l’ordre le 13 septembre dernier lui signifiant qu’elle doit quitter les lieux. Le jour même, elle préparait des repas et était dans l’impossibilité d’interrompre ses activités. Mais le lendemain elle s’est exécutée.
Aujourd’hui, la jeune femme ne comprend pas la « subite intention de la mairie » de la virer. « J’ai comme l’impression que les élus savaient dès le départ ce qu’ils préparaient », ditelle, s’interrogeant sur l’opportunité d’accorder à cette époque les autorisations d’installation. Pour diriger sa petite affaire représentant sa « seule source de revenus », Nadine Arhiman a fait réaliser des travaux de branchement d’eau et d’électricité sans jamais être inquiétée.
Désormais - au même titre que plusieurs gérants de camions-bars du front de mer accusés par la collectivité d’avoir failli à leur statut de commerçants ambulants pour se transformer en vendeurs sédentaires - la patronne de « Chez Piton » doit vider les lieux. « Pourtant, mon camionbar est sur roues, donc parfaitement mobile », assuret- elle, évoquant les crédits qu’elle a contractés pour monter son entreprise. Propriétaire du « Snackbar de la zone » à Savannah, Michel Raïpin est lui aussi inquiet car il figure sur la liste noire de la mairie de Saint-Paul. « Tant que je n’aurai pas une note écrite stipulant que je dois partir, je resterai », prévient-il cependant.
Faut-il moderniser les camions-bars ? Les gérants doivent-ils trouver un autre emplacement ? Ou postuler pour occuper des rondavelles ? Autant de questions qu’ils auraient aimé poser aux élus, mais qui restent sans réponse. « Ils sont prêts à investir, mais ils ont besoin d’un vrai contrat avec la mairie », plaide Thierry Araye. Celuici menace de débarquer lors d’un prochain conseil municipal.

G. L.
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