Vent de révolte dans la communauté tamoule
Par Le rĂ©dacteur chef, samedi 29 mars 2008 à 13:11 :: General :: permalien #51
Le vent semble tourner irrémédiablement pour Gilbert Mardélanom. Après son éviction de la mairie, le 16 mars dernier, l’ancien bras droit d’Alain Bénard pourrait désormais se voir pousser à la porte du temple tamoul de Saint-Paul.
A la tête de l’association cultuelle depuis 1985, le président vacille. Car ses opposants s’avouent désormais “libérés des pressions” qu’exerçait, selon eux, l’homme politique au sein de la communauté.
En tête de la fronde, Serge Ajaguin-Soleyen, président du culte dans l’association. Après plusieurs années passées à ronger son frein, ce prêtre et formateur des prêtres dans le département explose. A l’origine de cette colère, une réunion tenue avant le premier tour des municipales par Gilbert Mardélanom. Ce jour-là , une soixantaine de personnalités, prêtres et responsables associatifs, sont invitées à rencontrer le candidat Alain Bénard pour exposer les doléances de la communauté. Selon plusieurs témoins, la réunion politique tourne court et le premier adjoint se lance dans une violente diatribe à l’encontre de son président délégué, Serge Ajaguin-Soleyen. Celui-ci est en effet engagé dans la campagne aux côtés d’Huguette Bello. Toujours selon ces témoignages concordants, on y demande explicitement sa tête pour avoir “trahi”. Le prêtre, plus connu sous le nom de Koujindaivel, y voit le signal de la révolte.
Son objectif est désormais clair : le président doit quitter l’association. Etonnemment, si les deux hommes sont aujourd’hui ennemis, ils ont longtemps travaillé main dans la main. Serge a même milité pour la réélection de Gilbert jusqu’en 2005, se mettant ainsi à dos une partie de la communauté. En effet, la colère semble diffuse et déjà ancienne.
“JAMAIS ACCEPTÉ DANS LA COMMUNAUTÉ”
Ainsi, un autre membre du conseil d’administration (CA), qui tient à conserver l’anonymat, raconte lui aussi les tensions qui régissent la vie de la communauté : “Monsieur Mardelanom n’a jamais été bien accepté contrairement à ce que nous avons laissé apparaître en le réélisant plusieurs fois. Mais, moi-même, comme d’autres, notamment des employés muncipaux, il nous tenait par ses mandats.”
Cet homme évalue à une centaine (sur les 500 que compte l’association), les membres qui dépendaient directement des bonnes grâces de l’élu : “Emplois, problèmes de terrains, faveurs en tous genres.”
Le conseiller général se serait, selon ses opposants, toujours appuyé sur ses mandats politiques pour se faire élire à la présidence. “Son argument de poids, c’était : je suis bien placé à la mairie.” Alain Bénard serait même venu à quatre reprises soutenir son adjoint dans les élections internes.
Serge Ajaguin-Soleyen et cet autre personnage influent de la communauté avouent avoir adhéré pour cette raison. “Mais maintenant qu’il n’est plus rien, il doit partir. Les gens ont retrouvé leur liberté, ils veulent pouvoir parler”, disent-ils encore. La vengeance politique semble être mal passée auprès des tamouls de Saint-Paul. On y voit “le coup de force d’un premier adjoint déterminé à prouver à son chef qu’il tient la communauté sous sa coupe”. Gilbert Mardelanom n’échappe pas non plus au procès en incompétence. On lui reproche entre autres l’organisation ratée de la consécration du temple en avril 2007. “Une semaine avant la cérémonie, le président a décidé de prendre les choses en main, seul. Il a notamment avancé les horaires en fonction des impératifs de ses invités d’honneur, dont Alain Bénard.” Résultat : 1 500 personnes sont arrivées après le Koumbam Abishegam, point d’orgue de la journée.
L’un des opposants raconte également comment “la communauté de Saint-Paul est désormais la risée des autres associations de l’île : il y avait à manger pour 400 personnes, nous étions plus de 2 000.”
Si cette anecdote reste sans conséquence, les rivalités de pouvoir ont déjà dépassé le portail du temple. Mises en examen, plaintes, etc. Et l’aventure continue puisqu’un membre du CA affirme qu’un prêt destiné à des travaux a été contracté à la Banque de la Réunion (BR), sans qu’aucune réunion préalable, pourtant obligatoire, ne soit tenue.
L’homme évoque un procès-verbal contrefait.
L’un des deux garants auprès de la BR se serait d’ailleurs désisté cette semaine devant les turbulences qui l’attendent l’association dans les semaines à venir. Contacté par nos soins, Gilbert Mardenalom, n’a pas souhaité s’exprimer, préférant répondre “par voie légale”. Le président se dit ignorant de tout trouble dans l’association. “Je n’ai rien à vous dire, vous ne m’avez pas contacté, au revoir monsieur”, s’est-il contenté de répondre, visiblement très agacé par notre appel
Romain Latournerie
A la tête de l’association cultuelle depuis 1985, le président vacille. Car ses opposants s’avouent désormais “libérés des pressions” qu’exerçait, selon eux, l’homme politique au sein de la communauté.
En tête de la fronde, Serge Ajaguin-Soleyen, président du culte dans l’association. Après plusieurs années passées à ronger son frein, ce prêtre et formateur des prêtres dans le département explose. A l’origine de cette colère, une réunion tenue avant le premier tour des municipales par Gilbert Mardélanom. Ce jour-là , une soixantaine de personnalités, prêtres et responsables associatifs, sont invitées à rencontrer le candidat Alain Bénard pour exposer les doléances de la communauté. Selon plusieurs témoins, la réunion politique tourne court et le premier adjoint se lance dans une violente diatribe à l’encontre de son président délégué, Serge Ajaguin-Soleyen. Celui-ci est en effet engagé dans la campagne aux côtés d’Huguette Bello. Toujours selon ces témoignages concordants, on y demande explicitement sa tête pour avoir “trahi”. Le prêtre, plus connu sous le nom de Koujindaivel, y voit le signal de la révolte.
Son objectif est désormais clair : le président doit quitter l’association. Etonnemment, si les deux hommes sont aujourd’hui ennemis, ils ont longtemps travaillé main dans la main. Serge a même milité pour la réélection de Gilbert jusqu’en 2005, se mettant ainsi à dos une partie de la communauté. En effet, la colère semble diffuse et déjà ancienne.
“JAMAIS ACCEPTÉ DANS LA COMMUNAUTÉ”
Ainsi, un autre membre du conseil d’administration (CA), qui tient à conserver l’anonymat, raconte lui aussi les tensions qui régissent la vie de la communauté : “Monsieur Mardelanom n’a jamais été bien accepté contrairement à ce que nous avons laissé apparaître en le réélisant plusieurs fois. Mais, moi-même, comme d’autres, notamment des employés muncipaux, il nous tenait par ses mandats.”
Cet homme évalue à une centaine (sur les 500 que compte l’association), les membres qui dépendaient directement des bonnes grâces de l’élu : “Emplois, problèmes de terrains, faveurs en tous genres.”
Le conseiller général se serait, selon ses opposants, toujours appuyé sur ses mandats politiques pour se faire élire à la présidence. “Son argument de poids, c’était : je suis bien placé à la mairie.” Alain Bénard serait même venu à quatre reprises soutenir son adjoint dans les élections internes.
Serge Ajaguin-Soleyen et cet autre personnage influent de la communauté avouent avoir adhéré pour cette raison. “Mais maintenant qu’il n’est plus rien, il doit partir. Les gens ont retrouvé leur liberté, ils veulent pouvoir parler”, disent-ils encore. La vengeance politique semble être mal passée auprès des tamouls de Saint-Paul. On y voit “le coup de force d’un premier adjoint déterminé à prouver à son chef qu’il tient la communauté sous sa coupe”. Gilbert Mardelanom n’échappe pas non plus au procès en incompétence. On lui reproche entre autres l’organisation ratée de la consécration du temple en avril 2007. “Une semaine avant la cérémonie, le président a décidé de prendre les choses en main, seul. Il a notamment avancé les horaires en fonction des impératifs de ses invités d’honneur, dont Alain Bénard.” Résultat : 1 500 personnes sont arrivées après le Koumbam Abishegam, point d’orgue de la journée.
L’un des opposants raconte également comment “la communauté de Saint-Paul est désormais la risée des autres associations de l’île : il y avait à manger pour 400 personnes, nous étions plus de 2 000.”
Si cette anecdote reste sans conséquence, les rivalités de pouvoir ont déjà dépassé le portail du temple. Mises en examen, plaintes, etc. Et l’aventure continue puisqu’un membre du CA affirme qu’un prêt destiné à des travaux a été contracté à la Banque de la Réunion (BR), sans qu’aucune réunion préalable, pourtant obligatoire, ne soit tenue.
L’homme évoque un procès-verbal contrefait.
L’un des deux garants auprès de la BR se serait d’ailleurs désisté cette semaine devant les turbulences qui l’attendent l’association dans les semaines à venir. Contacté par nos soins, Gilbert Mardenalom, n’a pas souhaité s’exprimer, préférant répondre “par voie légale”. Le président se dit ignorant de tout trouble dans l’association. “Je n’ai rien à vous dire, vous ne m’avez pas contacté, au revoir monsieur”, s’est-il contenté de répondre, visiblement très agacé par notre appel
Romain Latournerie
VILLE DE SAINT PAUL 



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